lundi 6 août 2012

LA TRANSFIGURATION : ÉTAPE SUR LE CHEMIN VERS JÉRUSALEM - Matthieu 17, 1-9 Genèse 9, 8-17; Romains 8, 28-34

ÉTAPE SUR LE CHEMIN VERS JÉRUSALEM



- Matthieu 17, 1-9 Genèse 9, 8-17; Romains 8, 28-34



Nous pouvons vivre des années à côté de quelqu’un sans rien remarquer de particulier, et puis soudain, un événement fait
que nous changeons de regard…

Qu’est-ce qui rend la vérité de Jésus éternelle ?
Pour le comprendre, l’Evangile nous suggère
aujourd’hui de le suivre sur une montagne !

Notre vie en ce monde est dans des abîmes, elle obéit aux lois de l’environnement, de la pesanteur, de l’inertie. Dans une vision toute superficielle, nous ne sommes que des marionnettes, souvent angoissées, plus souvent passives qu’actives… mais nous devons être convaincus que cette vie « collant à la terre » n’est pas digne du projet de Dieu pour nous : les plus hautes cimes nous appellent, il est important de pouvoir redécouvrir tout ce que notre vie, notre être, compte de richesses.

Alors voilà : aujourd’hui, Jésus a pris avec lui trois disciples, il quitte la « vallée du monde » pour se rendre – littéralement – en un lieu élevé, où l’horizon est vaste et libre, où on va découvrir une vérité à peine compréhensible. Par la magie du texte, nous sommes montés avec Pierre, Jacques et Jean à la suite de Jésus, pour prier. Là, nous découvrons que la vérité du Christ, sa lumière nouvelle s’appuie sur deux piliers de l’Ancien Testament, Moïse et Elie.

Moïse proclamait une vision de liberté : il conduit un peuple hétéroclite hors de l’esclavage et de la tyrannie de Pharaon, pour l’engager à travers un désert sur la voie de la délivrance. L’être humain ne doit pas être l’esclave de son semblable, il est unique devant Dieu, il est libre et responsable de son histoire. Voilà ce que nous enseigne Moïse.

Dans le même mouvement, Elie nous apprenait que ce Dieu n’a rien d’une idole avide de cruauté, et qu’une religion ne doit pas engendrer la peur, ne doit pas s’emparer des hommes comme un démon : c’est ce que crie le prophète en détruisant les idoles, les « baals » - un mot qu’on peut traduire par « maîtres ».
Son histoire nous fait donc réfléchir à qui domine notre vie,
à qui sont nos maîtres….

Moïse incarne la libération, la liberté de l’humain envers son semblable ; Elie incarne la dévotion à Dieu, et tous les deux s’entretiennent ici avec Jésus, ils font «un avec le Christ», ils sont « vivants en lui ». Pour les premières communautés, cela signifie que même si la personne et le message de Jésus apparaissent tout nouveaux, c’est bien l’ancienne alliance qui se prolonge en lui :
il en est la «preuve vivante» ! Avec l’ancien, Dieu est capable
de nouveauté, Il ne cessera jamais de tout bouleverser.

Vous voyez, au moment où l’Evangile annonce la lumière du Christ, d’une blancheur insoutenable, il rappelle les réalités éternelles de liberté parmi les hommes et de dévotion à Dieu ; au moment où nous allons toucher du doigt l’incroyable nouveauté, la vérité de Dieu, il nous redit que tout était déjà là, donné, dit une fois pour toutes… Moïse, Elie, Jésus-Christ, enveloppé d’une même lumière aux yeux des témoins que nous sommes.

Ça ne dit pas pour autant que la vie est facile. Ça ne nous permet pas pour autant de rester là, au-dessus de tout, de «planter nos tentes» hors du monde, même si ce serait tentant ! La transfiguration est sur le chemin qui conduit Jésus à Jérusalem, elle se comprend en référence à la mort sur une autre «hauteur», qui est la colline de Golgotha où le Christ va être «élevé»…
Il doit en être ainsi.

Mais pour pouvoir traverser l’épreuve de Golgotha, de la souffrance atroce, de la mort, il faut être passé par le mont Thabor, le mont de la Transfiguration, où la vérité du Christ est mise en lumière : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je mets toute ma joie. Écoutez-le !».

Peut-être que les Chrétiens trop souvent l’oublient : connaître l’Evangile, ce n’est pas seulement savoir qu’il y a eu Noël, Vendredi-saint et Pâques ; c’est découvrir que Dieu place des signes sur notre route personnelle pour nous permettre d’avancer, de monter vers Lui – des signes d’encouragement,
des signes pour nourrir notre foi.

Ici, Pierre, Jacques et Jean n’ont sans doute pas compris grand-chose. Nous sommes aussi ainsi, parfois ! Ce n’est quand même pas si facile d’être prophétique, de savoir lire les signes, bien sûr ! Et puis il y a subitement le silence : la vision a cessé ; mais le souvenir persiste : c’est comme pour Dieu avec Noé, comme pour Dieu avec Paul, le souvenir, la mémoire d’une présence extraordinaire qui nous veut du bien. Car Dieu dit ici,
en Jésus-Christ, Sa bienveillance à notre égard.

Sur le chemin de la lumière de Noël à la lumière de Pâques,
il y a ce passage étonnant, où le temps semble suspendu, cette parenthèse de Royaume, qui est aussi un pont, un arc-en ciel entre les événements, et qui permet de nourrir notre espérance. Les disciples garderont en eux cette image, et plus tard, elle ouvrira leur cœur à la Résurrection, elle est promesse – une fois de plus ! – d’un monde clair, lumineux…

Nous devons nous voir comme des enfants de lumière, des filles et des fils de la lumière divine, unis sous l’œil de Dieu. C’est à cette hauteur que nous devons penser l’être humain, à cette hauteur que nous devons le placer : ce qui en résulte a la force de changer le monde.

Noël, Pâques, Pentecôte : nous marchons sur un chemin
de lumière, et la Transfiguration, au milieu de la course,
nous place dans cette perspective étonnante !



© 2011 Olivier Sandoz



14:06 Publié dans Matthieu | Lien permanent |



Tags : bible, christianisme, prédication, foi, protestantisme



http://bible.hautetfort.com/archive/2011/03/20/matthieu-17-1-9.html